Chère Myret, je suis totalement d’accord et en pleines questions sur le point du financement. Mais il est dommage toutefois de présenter les choses en faisant croire que le RBI est destiné aux feignants qui ne veulent pas travailler, destiné à être financé par ceux qui vont travailler. Non, le RBI est une proposition pour un autre mode de vie et de pensée rendus nécessaires par la grande transformation/crise actuelle de nos sociétés devenues digitales, et d’un monde rendu malade par une gouvernance purement pilotée par la spéculation, polluant mêmes nos modes de pensées individuelles.

Effectivement, comme le mentionne très bien Nina Brissot dans ‘LeRégional’, “Travailler moins, gagner plus…” devrait être possible grâce aux robots. Mais à conditions que nous arrêtions l’esclavage moderne dont le résultat est une hausse de 20% des burnout, en 10 ans ? Ce qui s’appelle le “salariat”, avec plus de 70% des gens qui font un travail qui ne leur plait pas…

Et si nous ouvrions la connaissance pour tous, grâce aux outils numériques, et prenions le parti de former plus d’autoentrepreneurs innovateurs. Vers une vie avec plus de temps passé avec ses enfants, en réduisant à 80% ses activités, ou plus, mais ouvrant une nouvelle façon de partager le travail, et ses revenus. Vers des nouveaux types de contrats salariaux, plus flexibles, plus win-win ? Des activités plus variées ? Des activités « PRO bono » ? De la formation continue enrichie ? Le RBI devrait évidemment être équilibré et devra avoir une valeur variable, en fonction des moyens de le financer. Impossible de dire si 2000F sera accessible, ou pas, quelle importance ? Faisons-le variable, selon les moyens disponibles, et travaillons ensemble, à augmenter cela. Inutile de s’endetter, ne vivons-nous pas dans un monde financier libéré de son obligation d’équivalent “or”; des banques pouvant “créer” de l’argent simplement en prenant une hypothèque ? Gageons que les idées nouvelles d’un peuple plus heureux, nous permettra de générer un PIB croissant.

Mais ma vraie inquiétude est vers l’ubérisation du travail, avec une autre spéculation à la baisse, celle de la valeur du travail, en compétition avec les robots, au lieu d’en profiter, et de voir une montée de celui “au noir”, avec in fine, une précarisation de nos retraites, si ce n’est pas celle d’une vie “digne” immédiate… Alors, le RBI pour permettre la « survie », et surtout une meilleure « autonomie », tout en arrêtant les contrôles parfois dégradants, souvent échouant, et qui seraient devenus inutiles ? N’avons-nous pas le souhait d’offrir « la survie » à tous ?

Sinon, autant faire voter une loi sur l’Euthanasie des « inutiles », car nous prenons bien la direction actuellement du scénario d’un futur de type « Soleil vert (soja green) ». Car nous savons, que la croissance « infinie », c’est un mirage. Nous consommons actuellement 2.6 planètes, d’après le consensus des experts (donc probablement bien plus…), quand allons-nous nous réveiller ? Une fois écrasés sur le mur vers lequel nous fonçons à pleine vitesse accélérée ?

Franchement, et si le RBI était la seule voie de sortie de notre nouvelle humanité post-industrielle, vers une décroissance positive ?

Written by

Réducteur de fractures numériques, éthicien digital, Suisse romande.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store